Les métiers

Les professions financières

 J’aimerais devenir banquier. Souvent pour la plupart, devenir banquier se résume souvent aux fusions et acquisitions – les fameuses M&A. Bien que la finance soit un domaine vaste, les médias sont très portés sur le drame et la presse financière ne fait pas exception. Le drame qui surgit des batailles que se livrent les entreprises  dans le cadre d’offres publiques d’achat (OPA) suscite beaucoup d’intérêt de la part de la presse, ce qui explique pourquoi devenir banquier en fusion est souvent ce qu’ambitionne les non-initiés au secteur. Pourtant, ce type de travail ne représente qu’une minuscule activité dans le  secteur financier. D’ailleurs, un des secteurs les plus anciens de loin celui dans lequel les sommes les plus grandes se jouent est celui du prêt de capital. Cette section propose donc au lecteur une introduction à l’éventail d’activités en finance.

Un premier regard sur les professions

Financier de projet : l’objet du métier est le financement de projets d’infrastructure telle la construction d’un pont, d’un hôpital, d’une centrale électrique ou l’exploitation pétrolière en utilisant principalement de la dette sans recours et repayable sur le long terme, 25 ans par exemple. Pour plus de détails sur le métier appuyez sur l’hyperlien financement sur projet ou visitez le site www.dwpf.com.

Banquier commercial : le banquier commercial est le métier bancaire classique par excellence. Très simplement, celui-ci finance le fonds de roulement d’une entreprise (achat d’inventaires, créances) et prête de l’argent pour aider une entreprise à acheter des immeubles ou d’autres entreprises.

Capital-risqueur : le capital-risqueur remplit un rôle semblable à celui du banquier commercial mais cible des entreprises qui n’ont pas encore un profil de risque suffisamment bas pour satisfaire les critères de prêts d’une banque commerciale. Habituellement, le capital-risqueur a reçu une formation en science (ingénierie, médecine), a de l’expérience en industrie (le secteur pétrolier, manufacturier, recherche médicale) et a par la suite complété une formation en affaires (souvent un MBA). Le client typique d’un banque de capital-risque est habituellement une entreprise de pointe avec un produit avec un bon potentiel commercial mais avec peu ou pas de ventes.

Banquier d’acquisition et de fusion : celui-ci conseille les dirigeants d’industrie en matière d’achat d’entreprises (ou comment repousser des offres d’achat non sollicitées ) et enfin leur trouve le capital nécessaire à l’achat. Souvent le banquier d’acquisition n’a lui-même pas le capital nécessaire pour financer une acquisition mais possède le réseau nécessaire pour se le procurer (soit des caisses de retraite, compagnies d’assurance ou par le biais du marché d’actions). Enfin, bien que l’on parle de <<banquier>> (conjurant l’image d’une personne travaillant dans une banque et avançant des fonds), le banquier d’investissement n’est habituellement pas véritablement un banquier dans le sens strict de celui qui avance de l’argent, mais plutôt un comptable ou un diplômé en finance agissant comme conseiller. Les mandats dont les sommes sont sous la barre du demi million seront habillement confiées aux grands cabinets-comptables comme KMPG, PwC, Deloitte, E&Y, Grant Thornton. Les transactions comportant des montants plus importants seront refilés aux banques d’investissement américains comme Merryl Lynch, Morgan Stanley ou aux maisons spécialisées en fusions tels Laazard, Cazenove. Notre conseil alors, si vous êtes au Québec et souhaitez être banquier, devenez comptable !

Banquier en acquisition par emprunt (ou parfois transactions par effet de levier ou LBO) : les banquiers ou financiers de transactions à levier financent le rachat d’une entreprise en employant beaucoup de dette à taux élevé (c.-à.-d. 225 à 800 points de base de plus que le taux de référence. 100 points de base = 1%). Bien que le métier du banquier à levier soit lié à celui de la dette, il diffère beaucoup du métier traditionnel qu’exerce le banquier commercial. Les transactions à levier introduisent énormément de dette dans une entreprise ce qui augmente sa fragilité financière et donc son risque de défaut. Par conséquent, bien que la nature contractuelle du capital immobilisé dans une transaction à levier est identique à de la dette (obligation de remboursement, taux d’intérêt, garanties, etc.), les risques de cette dette sont tels qu’ils relèvent plutôt du domaine des actions. Et voilà pourquoi, la dette utilisée dans les transactions à levier est souvent qualifiée de spéculative et même péjorativement de junk dans le jargon financier.

Analyste en notation financière et d’obligations financières : le métier est souvent moins connu que les entreprises offrant le service de notation notamment Fitch, Standard & Poor’s et Moody’s et d’en une moindre mesure DBRS. Un analyste en notation analyse les obligations financières émisses par une entreprise ou d’un état au public – la dette prêtée par une banque, elle, n’est pas notée.

Gestionnaire de portefeuille : Un gestionnaire bouge d’importantes sommes d’argent car son métier est l’affection de capital sous sa gestion. Dans l’industrie de courtage, le gestionnaire de portefeuille est la personne la plus importante dans la mesure que celui paie les commissions qui reviennent aux courtiers en échange de leur bons (on espère) conseils de placement.

Analyste d’actions : Un analyse d’actions est en quelque sorte un chercheur financier. Son rôle est celui de l’étude de la performance financière de compagnies cotées en bourse avec l’objet de recommander à un gestionnaire de portefeuille l’achat ou la vente d’actions.

NOUVEAU : pour vous montrer le travail effectué par un analyste d’actions, nous vous présentons en exemple une analyse financière de l’entreprise Climate Exchange, une bourse de carbone.

Courtier en gros : les gens que l’on voit à la télé lors de reportage sur les marchés boursiers criant «Vends, achète !!!» au téléphone appartiennent principalement à ce métier. Un courtier est un intermédiaire entre un marché et un client qui chercherait soit à vendre soit à acheter. Si vous connaissez un peu le fonctionnement des bourses, vous diriez avec raison, qu’un investisseur en gros n’a pas besoin d’un intermédiaire, car il peut après-tout contacter la bourse directement. C’est alors ici qu’il faut expliquer ce qu’un courtier n’est pas. Le courtier n’achète ni vend d’actions, il est un vendeur de suggestions. Le courtier a recours à un bassin d’analystes qui lui fournissent en continu des recommandations d’achats, de ventes et des commentaires sur la pertinence d’événements financiers. Or, s’imaginer alors que le seul travail du courtier est alors de répéter et disséminer ce qui lui a été communiqué serait mal comprendre le rôle du métier. Un bon courtier est un vendeur certes, mais sa valeur ajoutée est d’identifier les informations qui seront utiles à ses clients et d’écarter celles qui ne le sont pas, même si a priori toute suggestion proposée par un analyste doit en principe être profitable.

En voici un exemple : dans le climat d’une grande crise boursière (celle que nous traversons maintenant par exemple), un analyste peut suggérer de vendre une action à petite capitalisation car il la juge trop chère ou d’acheter une action d’une banque car il l’estime sous-évaluée, or le courtier peut de ne pas communiquer ces analyses s’il juge qu’elle ne ferait qu’irriter ses clients. Par exemple, la première suggestion même si logique ne pourrait simplement pas être utilisé si la liquidité est si faible que l’action ne pourrait pas être vendue. Dans le cas second, l’action bancaire pourrait en effet être clairement sous évaluée, mais à un moment précis, personne ne serait disposée à acheter d’actions bancaires parce qu’elles sont associées à trop de problèmes dans une conjoncture donnée.

A quoi ressemble un bon courtier ? De un, le travail du courtier n’est pas de communiquer aveuglements des idées simplement car elles sont bonnes, mais aussi d’identifier parmi elles, celles qui seraient bien reçues par les clients de l’entreprises. De deux, son rôle est d’être crédible et d’avoir réseaux. Pourquoi ? Si le document de recherche d’un analyste est le produit, le courtier, lui, est l’emballage : un bon conseil de vente ou d’achat venant d’une personne inconnue sera vraissemblablement ignorée; ce même conseil venant d’une source credible sera ecouté. Finalement, grâce à son réseau, un bon courtier sait qui dans le marché veut acheter, qui veut vendre et est capable d’offrir à ses clients un accès privilégié aux PDG et directeur financier d’une entreprise.

Ce que les courtiers savent des investisseurs : Primo, des investisseurs patients visant sur le long terme n’existent pas (ou rarement). Il est plutôt normal qu’un investisseur veuille une recommandation dont le bénéfice économique se matérialisera sur un horizon de trois mois, donc relativement à court-terme. Les courtiers savent que les investisseurs axés sur les entreprises à grande capitalisation n’emploient presque jamais des modèles d’actualisation de flux (discounted cash-flows); et qu’aujourd’hui, ils valorisent les actions plutôt sur une performance relative et en fonction des toutes dernières nouvelles. Par exemple, il est populaire de transiger en utilisant une pair-trade, c’est-à-dire l’achat simultané d’une action financée par la vente d’une deuxième action du même secteur. Le pair trader ne prétend pas connaître la valeur exacte de ces titres, mais croit qu’en réponse à un évènement spécifique ces titres réagiront de manière différente. Par exemple, une compagnie aérienne ABC a recours à des contrats de couverture la protégeant contre une augmentation du pétrole à l’intérieur d’une fourchette de prix. Une autre compagnie aérienne XYZ n’a pas de telle couverture en place. Si le pair trader estime que le prix pétrole commence une période prolongée d’appréciation, il achètera donc ABC et vendera simultanément XYZ. Les deux entreprises seront nuies par un coût croissant du carburant, mais XYZ sera plus affectée qu’ABC.

Analyste quantitatif : voir notre section sur les mathématiques financières et l’article Métiers de rêves pour les jeunes mateux.

Le marché : dans le jargon financier, on parle toujours du marché, mais où donc et qui donc constitue le marché ? La première réponse c’est de savoir le marché dont on parle comme s’il s’agit d’un marché unique n’existe pas. De plus, en dépit de tout ce que l’on écrit sur la mondialisation et d’intégration ou d’internationalision suggère qu’un marché propre à une géographie précise n’existe pas ou plus. En fait, en réalité nous sommes loin d’un marché international entre autres parce que les investisseurs continuent à favoriser les actions des entreprises qu’ils connaissent le mieux donc celles de leurs propres pays et de leurs propres régions. Il ne s’agit pas pour autant d’une forme de nationalisme économique. http://www.careers-in-finance.com/iboptions.htm
Travailler à la bourse : les bourses sont des marchés virtuels sur lesquels se transigent des titres, des obligations des, options, des contrats à termes et les matières premières (pétrole, cacao, café, maïs). Les bourses recrutent surtout des agents des informaticiens pour assurer le bon fonctionnement de l’architecture informatique qui constitue la bourse même et des agents de vente dont la fonction est d’attirer de nouveaux membres à la bourse et d’expliquer les produits qui y sont offerts. Pour une liste de toutes les bourses au monde voir : www.exchange-handbook.co.uk/index.cfm?section=exchangesweb

Description de professions bancaires et de marché en français : www.hlhz.com/fr/corporatefinance/debtadvisory/team.aspx?ci=589
Un site américain présentant l’éventail des professions bancaires : www.careers-in-finance.com/iboptions.htm