FAQ

Préoccupations et conseils

Votre anglais n’est pas parfait

Et alors? Mais qui croyez-vous que les banques de la City financent? Que les multinationales galloises et les mines fermées de Sheffield? La City regroupe toutes les banques de renom et regorgent de petites banques et fonds de couvertures au acronymes indéchiffrables. Votre anglais n’est pas excellent. C’est bien dommage, mais votre employeur ne vous demande pas d’écrire des vers en pentamètre iambique non plus. Ce que l’on veut de vous, c’est que vous connaissiez bien votre métier financier. Et enfin, puisque vous parlez une autre langue (le français, par exemple), votre employeur anglais affligé d’unilinguisme sera ravi (peut-être même ému, qui sait) de vous avoir.

Ne postulez pas à n’importe quel poste.

Le milieu financier britannique, la City, est immense. [250,000] personnes, prétend-on, y travaillent. Et la conséquence d’une telle taille, c’est que les employeurs recherchent des profils très spécifiques. Ainsi, ne postulez qu’à des postes dont la description vous corresponde parfaitement.

Les salaires : combien vais-je gagner ?

Le niveau de votre salaire en Angleterre dépendra du nombre d’années d’expérience, et non du niveau d’éducation. Par exemple, en complétant un doctorat en ingénierie de University College London, vous commencerez votre carrière avec le même salaire qu’un manutentionnaire (j’exagère un peu). Enfin, s’il faut savoir que bien que les diplômes ouvrent des portes, il faut alors saisir qu’en Angleterre, ils ne les défoncent pas. Tout au plus, vos études vous assureront-elles peut-être un entretien, mais n’espérez pas un emploi garanti, même si vous êtes un diplômé d’une grande université.

La City n’embauche que les meilleurs

Bien que vous soyez le ou la meilleur, vous vous demandez pourquoi l’on vous embaucherait, vous? Vous êtes une personne formidable, mais vous pensez que la City, de par sa taille, n’attire que les personnes les plus compétentes du monde, et qu’un employeur dispose dès lors d’un immense vivier de talents. Vous vous demandez, donc pourquoi vous embaucherait-on? En principe, un tel préjugé ne tient pas debout. Primo, les employés du secteur financier sont des gens ordinaires. Certains sont en effet hautement qualifiés et jureront qu’ils rêvaient déjà d’être banquier lorsque leurs mères les allaitaient. Mais hormis ces cas particuliers (je connais un très bon psychiatre), la majorité n’est constituée que de personnes ordinaires ayant accepté de beaucoup travailler en échange d’un salaire élevé. S’il faut leur concéder un véritable talent, c’est leur capacité à travailler tard, sans grand sommeil et à ingurgiter beaucoup de café. Secundo, en tant qu’employeur devrais-je me limiter la quantité de bons employés que je souhaite au sein de mon entreprise ? Bien sûr que non, d’ailleurs un employeur qui souhaite effectuer un profit ne cherche pas à recruter que quelques bons candidats, il les veut tous.

Conseil particulier pour les Québécois

Lors d’une entrevue pour un poste de financier en Angleterre, NE SOURIEZ PAS TROP. Soyez sérieux et poli, mais ne souriez pas comme nous le faisons au Québec et au Canada. Non pas que les employeurs britanniques soient à la recherche de candidats affichant l’expression tendre des videurs, mais le secteur bancaire est un peu plus sec, c’est tout. Au Québec, et dans une certaine mesure, dans d’autres parties du Canada, il est bien avisé de sourire, mais à Londres, ce serait une maladresse que de trop sourire car l’on pourrait confondre ce geste cordiale avec une émotivité excessive. Donc, dit crûment, souriez comme on le fait chez nous, et vous ne serez pas pris au sérieux. Bien que ce ne soit qu’une question de style, il demeure qu’ici, l’impassibilité, demeure la norme. Apprenez donc le plus vite possible à faire comme vos hôtes.

Formalisme

Portez un complet sobre, gris, noir, bleu foncé. Le milieu d’affaires est, en effet, plus conservateur dans son choix d’accoutrement en milieu de travail qu’en Amérique. Bien que votre futur employeur puisse tolérer le port de tenues décontractées, vous ne pourrez jamais commettre de faux-pas en vous habillant de manière sobre et classique lors d’une entrevue.

Rabais du nouvel arrivé (the newcomer’s discount)

C’est sans doute une des périodes les plus amères pour bien de nouveaux arrivés. Bien que l’on vous ait peut-être fait une offre d’emploi, on ne vous connaît pas. Vous êtes temporairement un véritable immigrant, un non-initié au pays. Posez-vous donc la question, pourquoi un employeur vous embaucherait, vous? D’accord, vous êtes un grand séducteur et très performant, mais pourquoi donc un employeur ne prendrait-il pas un extraordinaire candidat local, qui connaît probablement mieux le marché que vous, et dont l’entregent est taillé sur mesure aux habitudes locales. Avec vous, en sommes, tout employeur prend un risque. Donc, votre premier emploi est souvent assorti d’une prime à la baisse, un salaire qui vous fera peut-être honte, voilà donc ce qu’est le rabais du nouvel arrivé. Temporairement, votre valeur marchande dans le marché du travail est diminuée. Mais ne soyez pas haineux (pas trop en tout cas) envers votre premier employeur, il vous a après tout donné une chance. Avant de commencer à manger des antidépresseurs le matin avec vos céréales, dites-vous simplement, que ce premier emploi, n’est que ça, un premier emploi. Vous étiez très performant dans votre pays, vous le serez aussi dans votre pays d’adoption. Il ne s’agit que d’attendre un peu pour que votre nouvel employeur puisse s’en rendre compte.

Le phénomène Tanguy: je viens de finir mes études, j’ai presque 30 ans et je n’ai aucune expérience de travail pertinente. Suis-je trop vieux ?

Réponse : Non ! Dans le secteur financier britannique, ce sont vos aptitudes et compétences qui font gagner un salaire. Lors d’un entretien, il est vrai que votre âge vous démarquera des autres candidats dans la mesure où les Britanniques finissent habituellement l’université autour de 21-22 ans. Mais s’il y a gêne, cela ne proviendra que du fait que vous vous sentirez peut-être un peu mal à l’aise de n’être entouré que de candidats qui seront presque toujours plus jeunes que vous. Or, cela ne vous empêchera en rien de trouver un emploi, car tout employeur, sans pourtant le mentionner, appréciera vraisemblablement le fait qu’il rencontre un candidat plus mûr, avec les qualités qui s’y rattachent.

Éducation et formation

A part les « top universities », je cherche de bonnes formations, appréciées par les recruteurs

Pour ce qui d’une bonne formation universitaire au Royaume-Uni ailleurs qu’aux « OxBridge », essayez Warwick, Imperial, UCL, Édimbourg, St-Andrews.

Pour ce qui est de l’effet du nom d’une université sur un recruteur ou un employeur, il serait ingénu de prétendre que ça ne joue pas pour quelque chose, mais les réputations ne sont pas très importantes ici (comme en Allemagne d’ailleurs). Un Cambridge, Oxford, LSE, Imperial sur votre CV ouvre des portes, ne nous le cachons pas. Mais ce sont surtout vos résultats académiques et l’intérêt que vous manifestez pour le poste qui vous gagnent une offre d’emploi.

J’ai un maîtrise, devrais-je en avoir une seconde pour me spécialiser davantage ?

Si c’est pour le plaisir de l’éducation, rien de vous en empêche. Or, si votre objective n’est que te trouver un emploi, essayez alors plutôt de (1) postuler pour des emplois directement (ne perdez pas de temps avec des études qui ne vous intéressent pas vraiment) ou (2) si vous tenez absolument à pousuivre d’autres études, considérez considérez alors de compléter une certification / désignation professionnelle (CFA, ACA, ACCA, FRM, etc.). Au Royaume-Uni, celles-ci sont encore PLUS appréciées qu’un maîtrise car elles vous donnent une formation hautement pratique et très respectées car elles sont associées à la rigueur en raison de leur taux d’échec élevé de l’ordre de 50% et plus (donc, contrairement à plusieurs masters, vous ne pouvez pas achetés une certification professionnelle, elle se mérite).